Les jumelles sont très différentes l'une de l'autre.
Premièrement, physiquement aucune ressemblance. L'une blonde, l'autre rousse. Des yeux bleus jeans, yeux bleus ciel. Une très élancée et fine, l'autre plus trapue et musclées.
Une aime les vêtements classiques, l'autre les t-shirts amusants.
Une la gym et l'autre la danse classique et contemporaine.
Une s'acharne à apprendre à lire le plus rapidement possible, l'autre n'en a que faire.
Je n'ai jamais ressenti leur attachement de jumelles. Le besoin vital de l'autre. Elles sont très indépendantes, et affirmées. L'une ne vit pas dans l'ombre de l'autre. Nous ne voyons pas de dominée et de dominante.
Mais elles s'adorent. Elles s'entendent très bien ensemble.
Cette année, elles ne sont pas dans la même classe. Elles ne s'en plaignent pas trop.
Elles commencent à recevoir des appels personnels, des invitations privées par des nouvelles amies qu'elles n'ont pas en commun.
Mais voilà, elles s'amusent depuis quelque temps à jouer aux jumelles. À être plus jumelles que jumelles.
Elles s'amusent à s'habiller pareil, à parler en même temps. Elles ont voulu qu'on recolle leurs lits ensemble.
Elles se clament jumelles et s'aimer pour la vie.
Demandent d'être remises dans la même classe l'an prochain.
Refusent de sortir jouer avec des amies, parce qu'elles aiment mieux rester ensemble à la maison.
Elles ont un drôle de besoin de se retrouver et de se consolider en tant que jumelles.
J'imagine que c'est dans l'ordre des choses. On étire l'élastique qui nous relie à son maximum et on revient inévitablement au point de départ, ensemble, pour se ressourcer et repartir de plus bel.
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